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Comment réaliser une illustration manga

Afin de réaliser une illustration, il faut passer par plusieurs étapes. En voici un résumé avec quelques conseils :

1. Dessiner la lineart
001_sketchLa première étape consiste dans le dessin lui-même. Commencez toujours par un croquis et aidez-vous avec les mines bleues pour tracer les lignes guide. Si vous avez des doutes concernant les vêtements du personnage, dessinez d’abord le personnage nu et ajoutez les vêtements sur une feuille séparée. Une fois le dessin complété, tracez-le à l’aide d’une table lumineuse sur une feuille de papier manga. Par rapport à du papier classique, le papier manga est spécialement conçu pour faire glisser la plume et absorber l’encre, en vous permettant de tracer de très jolies lignes.

2. L’encrage
003_encrageL’encrage est l’élément clé du manga. Contrairement à beaucoup de styles occidentaux, l’encrage se fait à la plume et non au feutre : cela permet à l’artiste de moduler les lignes selon la pression qu’il exerce sur la plume et d’obtenir des traits variés. Une illustration bien encrée aura beaucoup d’impact même sans y ajouter d’effets. Dans l’illustration de cet article, nous avons utilisé une G-pen Zebra et une Maru-pen Tank Master (qui tient l’encre encore plus longtemps qu’une plume normale).

3. Les effets
002_effetsLa lineart utilisée dans l’exemple a été conçue pour la coloration. Afin de l’adapter à une illustration en noir et blanc, il faudra y ajouter quelques effets de noir pour que la globalité de l’image soit bien équilibrée. Ainsi, nous avons colorié les cheveux à l’aide d’un fude-pen (pinceau-stylo rechargeable) à pointe fine ; avec le même outil, nous avons aussi ajouté les ombres sur le corset et sur les chaussures. En laissant le haut et la jupe blancs, nous avons obtenu un bon équilibre global.

4. Les trames
004_tramesAvec les trames il est possible de nuancer le noir et blanc de l’illustration en y ajoutant des tonalités de gris. Vous pouvez obtenir de très jolis effets sans avoir pour autant besoin d’acheter un grand nombre de trames. Pour cette illustration nous avons utilisé seulement quatre trames : 1) une trame pointillée de base pour les ombres de la peau et du haut ; 2) une trame texture foncée pour les oreilles, le bracelet, le corset, la pochette sur la droite et la queue (afin d’avoir des touches un peu sombres de la tête aux pieds) ; 3) une trame de texture dégradée pour les chaussures ; 4) une trame pointillée en dégradée pour la jupe (du sombre au clair pour l’intérieur de la jupe et du clair au sombre pour les plis extérieurs). Une fois appliquées, les trames ont été grattées avec un cutter ou nuancées avec une gomme abrasive. Des touches de blanc ont été ajoutées avec un stylo gel afin d’augmenter la luminosité de la composition.
Astuce : vous pouvez utiliser une mine bleue pour marquer les parties du dessin sur lesquelles vous allez poser la trame, mais aussi les zones de la trame que vous allez couper. La mine bleue sera effacée avec le scan en noir et blanc.

Retrouvez ces étapes dans une brève vidéo sur la chaîne youtube de l’Académie Européenne de Manga :

Les trames – exemples de base

L’une des parties essentielles de la création graphique d’un manga, ce sont les trames. Ces feuilles adhésives sont produites par plusieurs marques japonaises, dont la meilleure en termes de qualité est sans aucun doute I-C. Mais comment les utiliser ?

Dans cette vidéo (qui n’a pas de vocation de tutoriel, mais que l’on propose comme exemple), vous verrez Giusy en train de réaliser les exercices de base que l’on peut faire avec les trames : de la « simple » application de la feuille jusqu’à la superposition et, au final, la création d’effets de lumière avec la gomme abrasive ou le cutter.

À vos marques, prêts, cutter !

La vidéo a été prise pendant le cours moyen de la Manga Summer School.

Le matériel

Faut-il disposer d’un matériel particulier pour dessiner un manga ? Pourquoi ? Lequel ? Et comment le trouver en dehors du Japon ? Nous essayons ici de répondre de façon concise mais précise à ces questions.

Premièrement, oui, pour dessiner un manga il faut utiliser un matériel précis, car il s’agit d’un art avec des traditions et des règles bien ancrées, notamment au niveau de la technique. Plusieurs contraintes (notamment au niveau économique) font qu’aujourd’hui, en France, cet aspect technique sous sous-estimé et qu’on essaie souvent de substituer le matériel japonais par du matériel européen. Est-ce un problème ? Pourquoi ?
Pour répondre à ces questions, observons les différentes phases de réalisation d’un manga.

Dessiner au crayon
Première étape : le croquis
Le brouillon

Quand vous dessinez des croquis, l’important c’est que vous soyez à l’aise. Personne ne vous imposera un crayon 2B plutôt qu’un HB, car cela dépend de votre main (trait lourd/léger, beaucoup de traits/peu de traits, etc.). Vous pouvez utiliser un criterium ou un crayon graphite. Dans notre académie, nous fournissons aux étudiants un criterium tout simplement car il représente un gain de temps et que la mine a toujours la même épaisseur, mais tout étudiant est libre de choisir ce qu’il préfère.
Le papier dépend aussi de vous : des blocs avec des feuilles plus légères vous permettront de calquer les brouillons pour obtenir des dessins plus propres, mais des feuilles plus épaisses sont tout aussi valables.
Si vous ne souhaitez pas aller au delà de la feuille et du crayon, le reste de l’article ne vous sera pas utile.

Encres noires
L’encre est un des éléments les plus importants !
L’encrage

Un des éléments principaux dans la technique manga est l’encrage, qui demande l’utilisation d’un matériel précis. En effet, dans le manga on encre à la plume. Ces deux éléments, tout comme le papier qu’on utilise pour les planches et illustrations, sont extrêmement importants. Aucun feutre (pour fin qu’il puisse être) ne vous donnera le même effet qu’une plume pour manga, tout comme aucune plume ou encre pour calligraphie européenne ne seront adaptées.
Pourquoi on ne peut pas substituer ces éléments ? Car ils sont conçus ensemble. Le papier manga a non seulement un format, mais un grammage particulier et il est fait exprès pour que la plume glisse le plus naturellement possible sur sa superficie.

Quel matériel faut-il avoir pour encrer ?

Plumes
La plume « Maru »

• Les plumes. Il y a dans le commerce plusieurs marques (Nikko, Tachikawa et Zebra étant les principales), proposant chacune différents modèles de plumes. Les trois plumes de base s’appellent « G-pen », « Maru-pen » et « Saji-pen ».

Porte plume Tachikawa
Porte-plume avec support en gomme

Les porte-plumes. Plusieurs modèles existent aussi pour les porte-plumes : universels, utilisables seulement avec un type de plume (Maru / les autres), avec support en gomme ergonomique, sans support, plus longs, plus fins, plus légers, plus lourds, etc.

Kuretake
L’encre Kuretake Bokujuu

• L’encre. Là aussi, il y a plusieurs marques : Kaimei, Kuretake, Pilot, I-C, etc. L’encre peut avoir une composition différente, être plus ou moins fluide, sécher plus ou moins rapidement, résister à l’eau et/ou à l’alcool, etc.

Papier I-C
Papier I-C en format B4

Le papier. Le papier manga est généralement en format B4 (le format A4 étant utilisé principalement pour les doujinshi). Il a un grammage particulier et des règles en couleur cyan (sauf sur le papier pour illustration) qui disparaissent en photocopie ou scan en noir et blanc.

• Le fude-pen. Ce feutre-pinceau est extrêmement souple et s’utilise pour plusieurs effects de noir (cheveux, armures, arbres, etc).
Il existe en différents modèles (rechargeable, non rechargeable, avec pointe fine ou plus épaisse).

L’application des trames

Une fois les planches encrées, il est temps d’appliquer les trames. Les trames japonaises (dont les marques de bonne qualité sont I-C et Maxon, Deleter étant une marque pas chère mais avec une qualité nettement inférieure) sont constituées d’une feuille adhésive avec une trame imprimée dessus. Ces feuilles peuvent être appliquées et enlevées et servent à rendre les ombres, les textures des vêtements, plusieurs effets et aussi des décors. Le nombre et type de trames utilisées dans un manga dépendent de plusieurs facteurs que nous analyserons dans un prochain article.

Copic Ciao
Les feutres Copic sont très utilisés pour la coloration
La coloration

Il s’agit là du domaine le plus ouvert dans la technique manga. Chaque auteur a ses préférences, mais tous mélangent plusieurs outils dans la création de leurs illustrations, afin d’obtenir le meilleur résultat possible. Une des techniques de coloration les plus utilisées est la coloration avec des feutres (notamment les feutres Copic), mais plusieurs artistes utilisent aussi des aquarelles, des crayons ou des pastels.

porteplumePour résumer, quel matériel faut-il avoir pour dessiner un manga ?
Cela dépend de vos besoins. Si vous ne souhaitez dessiner que des brouillons ou des linearts au crayon, pas la peine d’acheter du matériel japonais. Si vous voulez aller plus loin, vous aurez besoin d’un petit set : plume, porte-plume et encre. Vous pouvez d’abord vous exercer sur du papier normal et ensuite passer au papier manga. Si vous voulez faire des planches, vous pourrez ensuite les enrichir avec des trames. Pour la coloration, plusieurs possibilités s’offrent à vous.

Où trouver ce matériel en France ?

Plusieurs magasins d’art essaient de proposer du matériel japonais, mais ce n’est pas toujours facile de trouver ce dont on a besoin, surtout dans les petites villes. C’est pourquoi notre Académie a créé Manga Tools, un site internet sur lequel vous trouverez tout le matériel de base dont vous aurez besoin, importé directement du Japon. Le site est mis à jour constamment afin de vous proposer une gamme d’outils de plus en plus vaste.

Le personnel de MangaTools